La petite histoire de la Ferme Albé
À la Ferme Albé, l’adage « sept ans de vaches maigres pour sept ans de vaches grasses », prend tout son sens puisque les propriétaires sont à la veille d’apprécier le fruit des efforts investis dans l’entreprise depuis 2001. Il faut dire que les deux propriétaires n’ont pas compté que sur le hasard et qu’ils s’arrangent eux-mêmes pour décider de leur destination.
Micheline et Luc ont toujours su qu’ils posséderaient une entreprise agricole un jour. Ce jour arrive en septembre 2001. C’est Luc qui a eu l’idée d’élever du mouton de race katahdin. Qu’à cela ne tienne, un producteur de Clarence Creek vend un petit troupeau de six brebis et d’un bélier pure race katahdin, tous enregistrés.
Toutefois, les débuts sont laborieux. Les informations sont difficiles à trouver. « On appelait souvent notre vétérinaire mais on voyait cela comme de la formation », explique Micheline. En plus, la terre acquise par Micheline et Luc a besoin de beaucoup d’améliorations pour être exploitable. Résultat: on achète tous les fourrages et les grains à l’extérieur. Les coûts de production sont élevés.
Loin de se décourager, Micheline et Luc magasinent afin de trouver des grains et des fourrages à moindre coût. « On a décidé de magasiner pour diminuer nos coûts de production, mais il était hors de question de diminuer la qualité », poursuit Micheline. À cette époque, ils font aussi l’acquisition d’un silo afin d’entreposer les grains. Les coûts d’alimentation diminuent des 2/3 et le troupeau de la Ferme Albé grandit. On est en 2003.
On y a vu une opportunité d’accroître le troupeau puisque Micheline et Luc se sont portés acquéreurs de 25 agnelles North Country Cheviot d’un producteur qui subissait les contrecoups de la crise de l’ESB car il transigeait sur le marché des encans. « À l’encan on ne décide pas du prix tandis qu’à la ferme on a plus de contrôle », mentionne Micheline.
Le grand déménagement
À la fin de l’été 2006, les propriétaires de la Ferme Albé songent à faire l’acquisition d’une terre propice à la culture des fourrages pour le troupeau en évolution. « On se promenait en auto quand on a vu cette terre à vendre. On a vite remarqué qu’il y avait une maison en plus des bâtiments qui y étaient attachés », expliquent-ils.
Le site est enchanteur, Micheline et Luc n’ont aucune difficulté à s’imaginer y vivre … avec leurs moutons bien sûr. Le 1er décembre de la même année, c’est le grand jour pour le troupeau. Neuf voyages plus tard, tous les moutons sont dans la nouvelle bergerie et Luc et Micheline aux anges.
Le site actuel de la Ferme Albé, de 150 acres, est digne d’une véritable carte postale ou carte d’affaires pour les deux propriétaires car depuis leur emménagement, ils ont remarqué que ce site inspire la confiance. La confiance de leur clientèle qui y reconnaît là un site typique de ferme. Et puis la confiance en eux, puisqu’ils y sont bien installés.
« En plus, on est autosuffisant pour les fourrages et les grains », mentionne Micheline. Luc explique aussi que pour la première fois, les moutons ont du foin à leur goût. « Les moutons aiment une coupe de foin qui est plutôt jeune contrairement aux vaches », explique-t-il.
Pour Micheline et Luc, l’histoire est loin d’être terminée. De 13 naissances la première année, on est passé à 98 l’an dernier. L’objectif est de 400 naissances pour 2008, soit sept ans après le début de l’entreprise. Ils commercialiseront toujours à la ferme puisqu’ils adorent le contact avec le public.
Dans l’avenir, ils souhaitent ajouter une corde à leur arc en faisant eux-mêmes leur propre découpe, transformation et emballage.